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Kevin Mayer, un athlète extraordinaire !

Posté le : 1 novembre 2019 à 22 h 20 min   /   par   /   comments (0)

Retour sur le décathlonien Kévin Mayer, blessé au tendon d’Achille lors des mondiaux d’athlétisme à Doha, où il a dû abandonner. Une préparation intense pour des performances toujours plus impressionnantes, à la limite du corps humain.

Kévin Mayer, vice-champion Olympique du Décathlon à Rio de Janeiro en 2016 et champion du monde à Londres en 2017, participait aux mondiaux d’athlétisme début Octobre à Doha au Qatar. Une compétition où il était le grand favori, malheureusement, alors qu’il était en tête, il a dû abandonner à cause d’une blessure au tendon d’Achille. Être recordman du monde dans un sport aussi exigeant que le décathlon, demande beaucoup de préparation et d’implication en amont. En effet, le corps est mis à rude épreuve pour enchaîner dix épreuves athlétiques sur deux jours: 4 courses, 3 lancés, 3 sauts et un barème de point pour fixer le classement !

L’entrainement, c’est la petite pierre à ajouter à l’édifice pour toujours progresser.

Kévin Mayer entame sa saison en Janvier 2019 à Miami pour « remettre la machine en route ». Lorsqu’il vient à l’entraînement, il a une seule chose en tête, il pense à ce qu’il doit travailler pour avoir des meilleures sensations le lendemain. Pas de planning, pas de contrainte, il est juste accompagné de son partenaire d’entraînement, Benjamin Hougardy, et son coach Bertrand Valcin. Il travaille beaucoup sur tout ce qui est sensations, ressenti et intention, beaucoup plus que dans la technique. Avec lui les choses se mettent en place naturellement.

Kévin Mayer à l’entraînement

Kévin Mayer à l’entraînement, ©Angel Valentin Polaris Images

« Pour moi, chaque jour tu mets une petite pierre pour construire ton édifice ».

Pour enchaîner les week-end et les semaines de compétition, il est essentiel de penser à son corps. Surtout lorsque l’on est un athlète international et que l’on voyage de pays en pays. Lors de ses trajets en avion, il n’hésite pas à utiliser des appareils dédiés à la récupération pour être en forme.

Aujourd’hui, recordman du monde, ayant atteint un niveau d’excellence, il est de plus en plus difficile de gagner des dixièmes de secondes sur les chronomètres. C’est pour cela que son équipe d’entraînement utilise des appareils de nouvelle génération pour analyser la foulée du décathlonien de manière très précise. Cela permet de connaître le temps de contact au sol, les phases excentriques et concentriques … un travail beaucoup plus scientifique qui fait passer un cap au sprint, qui permettra de progresser en perche, au poids, à la hauteur et à tous les autres sports du décathlon. C’est l’avantage de cette pratique, progresser dans une discipline permet de découvrir de nouvelles sensations et de progresser partout.

Afin d’être au meilleur niveau dans le décathlon, il est essentiel de s’inspirer des champions de chaque discipline, pour tenter de retrouver les mêmes sensations. S’entrainer avec Renaud Lavillenie à la perche, lui permet d’exceller !

La compétition, un marathon à réaliser sur l’année.

Un rendez-vous incontournable de l’ athlétisme, c’est le meeting de Paris. Une épreuve en salle mise en scène à la manière des shows de Basket NBA aux États-Unis, avec l’ambiance, les jeux de lumière. Des épreuves qu’il affectionne comme le 60m haies et le saut à la perche, où il peut exceller face aux meilleurs de la discipline en France. L’avantage du décathlon, c’est que l’on peut pratiquer et s’aligner sur de nombreuses courses différentes. Lorsque l’on a le niveau de Kévin Mayer, on peut aller au-delà du décathlon et se faire plaisir dans ses spécialités. Ici, il courrait contre Pascal Martinot Lagarde, spécialiste du 110 mètres haies et 3ème aux championnats du Monde d’athlétisme à Doha.

Kévin Mayer sur le meeting de Paris 2019

Kévin Mayer sur le meeting de Paris 2019, ©stadion

Pour Kévin Mayer, la compétition et l’entraînement doivent être mouvementés avec des nombreux objectifs et échéances sportives pour ne pas s’ennuyer et s’éclater, comme dans la vie de tous les jours. La compétition reste avant tout un jeu, il est beaucoup dans la recherche de nouvelles sensations. La prise de risque, la confrontation et le duel contribuent à le faire grandir.

La peur et le stress peuvent intervenir lors des compétitions, il faut apprendre à les gérer ! Pour le décathlonien, c’est sur la perche qu’un blocage peut apparaître : « Le syndrome du perchiste ». C’est la peur de se lancer, la peur de tomber et de ne pas réussir. Ici, l’intervention du coach est essentielle, les conseils permettent à l’athlète de se remettre en confiance et de se lancer à nouveau. Il permet psychologiquement à Kévin de dépasser ce blocage et de sauter à la perche.

Doha, la rupture.

La réussite du Quatar dans le monde grâce au pétrole et à sa vision toujours plus grande et toujours plus folle, lui a permis d’organiser les championnats du monde d’athlétisme 2019 dans sa capitale, à Doha. Une compétition où les athlètes sont mis à rude épreuve avec la chaleur incessante du désert du Moyen Orient. Kévin Mayer, actuel détenteur du record du monde du Décathlon est grand favori pour cette compétition. À moins d’un an des Jeux Olympique de Rio, il est à Doha pour finaliser sa préparation. En grande forme physique, avec de belles sensations, il est prêt !

Le décathlon commence par le 100m, avec un record personnel pour Kévin qui prend la 3ème place en 10 secondes et 50 centièmes. Une belle performance, mais un léger regret pour lui qui voulait faire encore mieux avec son état de forme actuel. 7m56 au saut en longueur, il garde la 3ème place avant le lancé de poids. 16m82 au poids, il s’empare de la tête ! Le saut en hauteur est une difficulté, car il n’a pas beaucoup sauté cette année à cause de douleurs aux chevilles et au genou. Gêné à cause d’un faux mouvement à l’entrainement dans cette discipline, l’athlète préfère porter un strap lors de l’épreuve mondiale. Il franchit 1m99, et se fait mal au genou lors du passage à 2m02. Il se maintient, tout de même en tête du classement avant de passer au 400m. 48 secondes 99 sur le 400m, il se place 3ème à peu de points du premier. Malgré la douleur de la journée, il récupère pour le lendemain et pense que ça va bien repartir pour la deuxième journée.

Kévin Mayer lors des championnats du monde à Doha

Kévin Mayer lors des championnats du monde à Doha, ©Le Figaro

Le lendemain la douleur est toujours présente. Kévin Mayer se prépare pour la prochaine épreuve : le 110m haies, il se sent handicapé par cette blessure pour continuer ses championnats du monde. 13 secondes 87, une super course qui le remonte en 2ème place. Cependant, contracture à l’ischio jambier se montre, une surcompensation due à sa blessure au tendon. Il décide quand même de lancer le disque avec une seule jambe, il prend la tête du classement avec 48m. C’est lors du saut à la perche que la jambe n’a pas résisté. Kévin Mayer n’a pas pu sauter malgré sa rage de continuer le décathlon. Il aura tout fait pour continuer, à deux épreuves de la fin. L’émotion était à son comble dans le stade.

Le décathlon est un sport très difficile et exigeant. Il ne faut jamais lâcher. Kévin Mayer va continuer à se préparer pour les jeux Olympique de Tokyo 2020 et se servir de cette frustration pour se transcender.

 

Gauthier Trehou–Hainaut

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