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Un marché en pleine effervescence !

Posté le : 8 juin 2018 à 7 h 31 min   /   par   /   comments (0)
Depuis 4 ans, les champagnes et autres vins effervescents français sous appellation doivent faire face à une concurrence grandissante de vins effervescents étrangers.  Ces derniers bousculent structurellement le marché. Issus essentiellement d’Espagne (Cava) ou d’Italie (Prosecco), ces vins, classés sous appellation d’origine contrôlée, pratiquent des stratégies commerciales et marketing particulièrement offensives. Et ils s’orientent vers les marchés exports européens et internationaux…

Illustration en quelques chiffres…

Les ventes de volumes de vins effervescents étrangers en grande distribution sont en progression croissante depuis 2010.  Tandis que les ventes de Champagne, les méthodes traditionnelles (sans AOC) et les AOC sont en baisse ou stagnent. Les vins effervescents étrangers continuent ainsi de gagner du terrain au sein des volumes du total bulles (10 points de part de marchés contre 3,2 points en 2009). D’après les données d’IRI 2017, les ventes de Prosecco ont ainsi progressé, en grande distribution de + 48,3 % entre 2016 et 2017 hypers et supers marché. Cette hausse permet aux bulles  italiennes de s’établir à 5,2 millions de cols vendus.  Leur chiffre d’affaire est de 32,5 millions d’euros. Le Cava, quant à lui, affichent des ventes en hausse de + 13% avec plus de 9 millions de cols vendus.

L’effet spritz !

Le succès des Prosecco et Cava tient en grande partie aux investissements consentis dans des marques fortes. Il s’agit de Freixenet et Cordoniu pour le Cava ou Villa Veroni et Ricadonna/Apérol pour le Prosecco. Ces marques sont fournies en France des grands acteurs tels que Castel, Rothshild et Grand Chais.

Surfant sur une « italian lifestyle » très en vogue, ces firmes ont entrepris de lancer de vastes opérations marketing. Elles profitent de leurs différentes marques pour « cobrander ». C’est le cas de l’Apérol, la marque du groupe Campari distribué Rothschild France Distribution. En relançant la recette du cocktail spritz, positionnée comme une boisson premium sur le circuit café hôtel restaurant, les acteurs du Prosecco ont progressivement conquis toutes les belles terrasses londoniennes, berlinoises et parisiennes…

Vendu un peu moins cher que les autres cocktail, autour de 5 euros en happy hour, le cocktail, très simple à réaliser. Il plaît autant aux femmes qu’aux hommes et s’avère extrêmement lucratif. Celui que l’on appelle «l’anti-dépresseur vénitien» rapporte maintenant quelque 1,56 milliard d’euros par an au groupe Campari.

Effet pschitt ?

Afin de contrer l’effet mode qui aurait des conséquences dévastatrices sur les ventes à long terme, le Prosecco mise sur son histoire pour démontrer que le succès de son cocktail fétiche est tout sauf…un effet de mode. Et ça marche ! Le Prosecco, reconnu DOC seulement depuis 2009 n’est toujours pas détrôné et commence même à faire blêmir les champenois…

Cela dit, on peut aussi décliner la recette avec un crémant pas trop sec, une clairette de Die. Juste histoire de la jouer amitié franco-italienne…

 

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