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Impact du réchauffement climatique sur le vignoble français

Posté le : 20 janvier 2020 à 18 h 53 min   /   par   /   comments (1)

Boira-t-on encore du Champagne en 2050 ? Ou du Bourgogne ? Rien n’est sûr ! Depuis quelques années, le vignoble français subit les effets du changements climatiques : canicules, inondations, gels, sécheresses etc. En 2017, la production a chuté de 19% par rapport à 2016. L’année 2018 a été meilleure mais on est loin des récoltes d’avant.

 

Ce problème ne concerne pas seulement la France, mais nous allons nous concentrer sur le plus beau vignoble du monde… En 30 ans les vendanges ont avancé de 3 semaines en moyenne : la pluie et les fortes chaleurs accélèrent la maturité des baies. De plus, les aléas climatiques ont des répercussions sur la qualité du raisin : il y a plus de soleil ce qui entraîne une augmentation de sucres dans les raisins et donc plus d’alcool dans les vins et moins d’acides. Dans les années 80, le taux moyen d’alcool était de 11,5%, aujourd’hui il est de 14%. Et je vous rappelle, qu’hors mis dans le Roussillon où certaines appellations peuvent dépasser 15%, sinon il est strictement interdit. Puis bien sûr le goût est impacté : plus d’alcool et moins d’arômes frais.

Si la situation ne change pas, elle pourrait s’empirer et le vignoble français pourrait disparaître : selon les experts de l’ONU sur le climat, il y a 90% de chance que les températures augmentent de 2°C à 5°C d’ici la fin du siècle.

 

Il faut donc trouver des solutions. Ce n’est pas fichu, certaines régions vont avoir plus de mal que d’autres, mais il existe des possibilités d’adaptation. Plusieurs techniques issues de la viticulture bio inspirent ceux qui travaillent en conventionnel. Par exemple, laisser pousser les vignes cultivées en bio au-delà de 2 mètres, ainsi le feuillage retombe et protège naturellement les raisons. De plus, les experts de l’Institut National des recherches Agronome sont convaincus de l’importance de la biodynamie et du travail du sol pour faire face au défi climatique. Par exemple, la symbiose (ou mycorhizes) entre les champignons et les racines des vignes : les champignons mobilisent les sels minéraux afin de les apporter à la plante qui en retour leur donne le sucre et l’oxygène. Le travail du sol et la biodynamie vont permettre d’équilibrer la plante pour l’aider à passer des caps difficiles.

Il est également possible d’agir sur les cépages avec les alternatifs. Par exemple, à Bordeaux, des tests ont été effectué pour compenser les difficultés qui vont apparaître avec le Merlot. Le Cabernet-Sauvignon semble tenir le coup face à l’augmentation des températures, ce qui n’est pas le cas pour le Merlot qui est menacé. Alors d’anciens cépages français abandonnés car ils n’étaient pas assez productifs (Mornen Noir, Chouchillon Blanc etc.), vont être remis au goût du jour : ce sont souvent des cépages plus tardifs et donc qui subissent moins les conséquences des canicules. Ils ont également un potentiel acide plus élevé que les cépages d’aujourd’hui et nettement plus faible en alcool. C’est pour ces 3 caractéristiques qu’ils ont été abandonnés à l’époque de l’après-guerre : ces années étaient plutôt fraîches, ces cépages avaient du mal à atteindre leur maturité. A savoir, pour utiliser aujourd’hui les cépages anciens, il faut qu’ils soient inscrits au catalogue des cépages utilisables, cela peut prendre plusieurs années.

Alors l’INRA fait une étude depuis quelques années avec une expérimentation sur 52 cépages anciens différents, provenant du sud et de l’ouest de l’Europe. Parmi ceux-ci certains sont introduits dans le cahier des charges des vignobles et appellations, afin d’assurer qu’ils sont conformes à la typicité des vins en question. Il y a également des tests sur des cépages étrangers, spécialement les portugais.

 

Enfin, face à la sécheresse et aux canicules estivales, les viticulteurs souhaitent irriguer leurs vignes. Cette pratique est aujourd’hui non-autorisée par la quasi-totalité des cahiers des charges des appellations. Certain sols retiennent plus ou moins l’eau, compost peut être rajouté, mais dans certaines régions l’eau est un réel manque pour les vignes. Alors allons-nous trouver des alternatives à l’irrigation plus efficaces et naturelles ? Ou allons-nous vers une irrigation des vignobles ? Cette question se pose de plus en plus pour les viticulteurs… En regardant ce qu’il se passe à l’étranger, si l’irrigation a aidé le développement des vignes dans les provinces de Mendoza en Argentine ou en Californie, elle ne résout en rien le problème viticole du réchauffement climatique dans ces régions et n’apporte pas de réponse.

Alors comment les vignerons vont-ils gérer l’impact de ce réchauffement climatique ? Si des solutions apparaissent, nous pouvons nous demander si elles vont perdurer dans le temps ou non. De nouveaux vignobles vont se créer, comme dans le nord l’Europe. Nous allons également – certainement – voir la naissance d’un vin breton. Nous continuerons à faire du vin en France mais le vignoble français va changer et va devoir s’adapter à ce changement climatique catastrophique.

 

Article rédigé par Lucie Dupont.

Commentaires (1)

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Commentaire
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  • 24 janvier 2020 à 9 h 00 min Olivier

    Et oui!!!! ça fait réfléchir…
    bon par contre je suis curieux de découvrir des cépages anciens…

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