Newsletter subscribe

A la une, Les actualités du Master Commerce des Vins, Master 2 Commerce des Vins, Non classé

A la découverte des cépages métis et des variétés résistantes

Posté le : 29 décembre 2021 à 18 h 46 min   /   par   /   comments (0)

A l’occasion de la journée de Recherche en Marketing du Vin du 25 novembre 2021, les étudiants du Master 2 Marketing et Commerce des Vins ont proposé aux participants une dégustation pas comme les autres : des vins produits à partir de cépages métis et de variétés résistantes. De quoi dérouter les palais les plus experts !

Sujet attirant de plus en plus l’attention de la filière, nous vous partageons ce billet, écrit grâce aux précieux apports de M. Antoine BETH (Œnologue et Professeur Certifié de l’enseignement agricole) et M. Foued CHERIET (Co-responsable du Master 2 Marketing et Commerce des Vins). Un grand merci à eux !

La création variétale

La création variétale est une voie d’obtention de nouvelles variétés végétales par croisement naturel ou volontaire puis sélection. Appliquée à la vigne, elle est sans doute aussi ancienne que l’intérêt de l’homme pour le raisin et est à l’origine de la grande diversité des cépages cultivés. Elle a évolué dans le temps avec la progression des connaissances viticoles et le développement de la science. 

Les cépages métis et variétés résistantes

Les croisements entre cépages de l’espèce européenne Vitis Vinifera sont appelés couramment « métis ». Dans les années soixante, ont été créés par l’INRA des cépages comme le Chasan B, l’Aranel B, le Marselan N, le Caladoc N afin d’améliorer la qualité des vins de table en conservant des rendements conséquents.  Les croisements entre des vignes européennes de Vitis Vinifera et des vignes américaines ou asiatiques porteuses de résistances sont appelées variétés et non cépages (par exemple : Floreal B, Artaban N).

Pourquoi les créer ?

Au XIXème siècle, l’arrivée de maladies (Oïdium, Mildiou) et de ravageurs (phylloxera) incite à la création de milliers de croisements entre vignes européennes Vitis vinifera et vignes américaines. L’objectif était de potentialiser les qualités historiques (gustatives, économiques…) des cépages européens et celles de résistances au puceron et maladies des variétés américaines. La création variétale actuelle vise à obtenir des variétés qualitativement adaptées aux attentes gustatives du marché et résistantes aux principales maladies liées à des champignons (Mildiou, Oidium). Ces cépages ont des avantages en termes de conduite culturale et présentent un fort potentiel commercial. Ils permettent au vigneron de limiter considérablement leurs traitements et de répondre notamment aux attentes sociétales et environnementales de durabilité. Les recherches portent également sur des critères relatifs à la tolérance à la sécheresse et à la maîtrise de degrés alcooliques des vins.

Comment créer une nouvelle variété ?

Pour obtenir une nouvelle variété, la recherche va diriger la reproduction sexuée de la vigne en pollinisant la partie femelle d’une fleur avec du pollen issu de la partie mâle d’une fleur d’une autre variété. Les pépins issus de cette fécondation seront semés. Chaque pépin germé formera une nouvelle variété distincte de ses parents. Cette nouvelle variété combinera au hasard les caractères de ses deux parents. Une étude génétique permettra de vérifier la présence des gènes recherchés. Il s’agit d’une fécondation dirigée et non d’un transfert de gènes (OGM).

Qui sont les créateurs ?

Différents pays viticoles réalisent des croisements pour obtenir de nouvelles variétés. En France, l’INRAe notamment développe la création variétale en lien avec les professionnels. Un dispositif partenarial OSCAR (Observatoire National du déploiement des cépages résistants) conçu par l’INRA (UMR Save) et l’IFV (Institut Français de la Vigne) a été créé pour suivre la durabilité des résistances des nouvelles variétés, et pour construire les itinéraires techniques qui doivent les accompagner.

 

Commentaires (0)

Laisser une commentaire

Commentaire
Nom Email Site internet