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La Graine, une alternative locale à l’euro

Posté le : 30 novembre 2019 à 8 h 30 min   /   par   /   comments (0)

Lors de vos différentes après-midi shopping à Montpellier, vous avez peut-être eu l’occasion de croiser des individus payant leurs achats avec une monnaie « étrange ». Mais quelle est cette monnaie ? C’est tout simplement « la graine », la monnaie locale montpelliéraine.

 

Dans toute la France, nous pouvons voir émerger différentes monnaies locales venant compléter l’euro. Des questions peuvent donc se poser, à quoi servent ces monnaies ? Quel est leur intérêt ? Où se les procurer ? Qui va bien vouloir les accepter ?

Tout d’abord, il faut comprendre ce qu’est une monnaie locale. Selon le Ministère de l’Economie, des Finances, de l’Action et des Comptes publics, « une monnaie locale est une monnaie complémentaire de la monnaie officielle, l’euro. Toutes les monnaies locales sont adossées à la monnaie nationale. ».

Il faut savoir qu’il existe plus de 60 monnaies différentes dans toute la France et également 15 dans la région Occitanie. Celles-ci sont mises en place par des associations qui, grâce à l’aide d’un établissement financier, en assurent la gestion. Chacune des monnaies locales, comme sa dénomination l’indique, ne peuvent être utilisées que sur un territoire restreint. Leur objectif est de développer l’économie locale grâce aux achats du quotidien dans des commerces de proximité et en faveur de produits locaux. Le but est donc de favoriser les circuits-courts pour réinjecter les revenus dans l’économie locale et par la même, éviter que la richesse créée sur le territoire soit dépensée sur un autre.

L’apparition de nouvelles monnaies

Au cours du temps, plusieurs types de monnaies complémentaires ont vu le jour. Il en existe deux grands types :

  • Les monnaies “temps” qui ne sont pas convertibles en monnaies officielles. Dans ce cas, ce sont les heures de travail qui ont valeur de monnaie, quand un individu travaille 1 heure il reçoit « 1 heure » à dépenser dans un autre service. Ceci permet aux individus les plus pauvres d’accéder à des services auparavant inaccessibles à cause de leurs prix.
  • Les monnaies convertibles qui sont, comme leur nom l’indique, convertibles en monnaies officielles.

Aujourd’hui, la plupart des monnaies locales complémentaires lancées sont de type convertible. C’est le cas notamment de la graine à Montpellier.

Nouvelle monnaie

Qu’est-ce que la graine ?

La graine est une monnaie qui a été créée par des citoyens Montpelliérains, au travers de l’association Cooperatic. Son utilisation est limitée principalement à la ville de Montpellier, mais peut s’étendre dans tout le département de l’Hérault. La mise en place de la graine est financée par les dons et les frais d’adhésion.
La graine est disponible à la fois pour les entreprises et pour les consommateurs. Il faut savoir qu’une graine est égal à 1 euro et que la graine est complémentaire de l’euro.

Quelles sont ses valeurs ?

Cette monnaie a été créée selon quatre valeurs. La première est le respect de l’environnement, avec les circuits courts et la mise en avant de l’économie locale. La seconde est la solidarité, avec pour objectif de mettre en relation les acteurs locaux. La troisième est la non-spéculation et la limitation de la capitalisation. La dernière est la démocratie, la graine est gérée par un comité qui est élu par les membres du réseau.

Comment en obtenir ?

Pour les consommateurs, afin d’obtenir des graines, il faut adhérer à l’association en payant un montant libre. Pour les entreprises, l’adhésion coûte 80 ou 160 euros selon la taille de l’entreprise. Il faut également signer la charte, la convention et remplir un bulletin d’adhésion. Cela permet d’obtenir une carte d’adhérent et de pouvoir, grâce à celle-ci, échanger des euros contre des graines dans un bureau de change.

Monnaie alternative

Monnaies Locales Complémentaires Citoyennes

Quels objectifs pour cette monnaie ?

Le but principal de la graine est de proposer une monnaie qui ne peut être utilisée que localement afin de s’assurer que cette monnaie favorise l’économie locale. De plus, celle-ci est accompagnée de valeurs comme l’écoresponsabilité, qui sont partagées par les adhérents, que ce soit les consommateurs ou les entreprises.

Aujourd’hui, la graine représente « 67 prestataires (fournisseurs de biens et de services acceptant la graine), 32 400 graines mises en circulation (soit 32 400 euros) et 330 utilisateurs et utilisatrices » (association Cooperatic). Un résultat plutôt positif mais qui reste encore loin de la 1ère monnaie locale de France, et même d’Europe, l’Eusko. Celle-ci est passée de 370 000 unités en 2015 à 1 200 000 cette année (2019), générant en 2018 environ 3,6 millions de chiffre d’affaires dans l’économie locale. Aujourd’hui, elle représente plus de 3 200 utilisateurs et 820 prestataires.

Une alternative pas toujours acceptée

Mais celles-ci n’ont pas que des avantages. Le premier frein pour les consommateurs est le caractère “fondant” de certaines monnaies. Cela signifie tout simplement que la monnaie a une date de validité et passée cette date, elle perd de la valeur. Les consommateurs ont donc la possibilité de lui redonner sa valeur originelle en payant une contribution. Dans ce cas présent, ceci peut représenter un frein du côté des consommateurs, car avoir en sa possession de la monnaie locale trop longtemps serait contre-productif. Mais du côté des pouvoirs publics, ceci permet d’encourager les individus à utiliser leur argent local le plus rapidement possible pour favoriser les échanges.

Certaines personnes mettent également en avant que peu d’individus captent une grande partie de la valeur créée par les monnaies locales. En cause les fréquences d’achat, nous allons plus souvent chez l’épicier du coin ou le boulanger que chez le coiffeur ou le garagiste, entraînant ainsi des inégalités dans son utilisation.

Le problème du paradis fiscal est également soulevé. Celui-ci ne touche que certains types de monnaies, les monnaies temps. Puisque c’est le temps qui est « récompensé », cette monnaie n’est pas soumise à l’impôt et aux cotisations sociales.

Finalement, la graine peut donc être un levier efficace afin de favoriser l’économie locale. Cependant, son impact dépendra du taux d’adhésion des consommateurs et des entreprises à cette monnaie. La communication ainsi que les actions mises en place seront les clés pour favoriser son adoption par les montpelliérains.

Et vous ? Seriez-vous prêts à accueillir la graine dans votre porte monnaie ?


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