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La Loire, le nouveau Languedoc ?

Posté le : 27 octobre 2020 à 22 h 56 min   /   par   /   comments (0)

Le vent du renouveau qui a soufflé pendant 30 ans, et souffle encore, sur les vignes du Languedoc aurait pu rendre jaloux n’importe quel bassin viticole s’il n’était pas simplement l’heureuse conjoncture d’un passé si tragique. Le Languedoc a su drainer, peut-être malgré lui, toute une génération de jeunes talents du vin pour repenser sa production et reconstruire sa renommée au moment où, rappelons-le, tout semblait perdu. Aujourd’hui, une autre région viticole marche dans les pas de l’histoire du Languedoc pour vivre elle aussi sa révolution.

Bien sûr, à deux régions différentes : deux histoires. C’est vrai, on ne se rappelle pas avoir aperçu les vignerons angevins manifester en 1907 contre les vins chaptalisés ou même les Tourangeaux se plaindre de la concurrence des vins algériens. Pourtant, la Loire aussi a vieilli. Elle se repose sur ses acquis, à Sancerre, à Saumur et à Chinon au moins. Certains diront qu’elle est “dépassée”. Pourtant, ces dernières années, le vignoble ligérien semble amorcer une dynamique similaire à sa cousine du sud : les chefs d’exploitation perdent leurs rides et le marketing devient un peu plus qu’un concept flou made-in-USA. L’interprofession s’active à l’export pour vendre aux Anglo-saxons les vertus du tuffeau et les consommateurs réaffirment leurs attentes : de la fraîcheur, de l’acidité, du fruit, bref, un vin franc et sans détour, un vin de Loire.

En remontant dans le temps, on peut s’interroger sur la nature des dynamiques qui ont permis au Languedoc viticole de se restructurer et de devenir, soyons un peu visionnaires, un incontournable des tables de restaurateurs et des étagères de caviste. En vérité, foncier rime avec nouveauté. Car c’est précisément au moment où il était au plus bas qu’il a permis au Languedoc de devenir l’Eldorado des nouveaux vignerons. Cette génération de producteurs 2.0, sans trop de moyens, mais avec beaucoup d’idées et de valeurs allait incarner ce renouveau viticole méridional, lui-même à l’origine d’un regain d’intérêt et de notoriété exceptionnel.

D’après les chiffres de la Safer dans son enquête de 2018, en Val de Loire aussi le prix à l’hectare reste très bas : moins de 9.000€ pour une parcelle de Montlouis13.000€ pour de l’Anjou-villages. Des moyennes comparables à celle du Languedoc, à 12.000€, si l’on exclut les appellations stars comme Saumur-Champigny à 60.000€ ou encore Sancerre à 150.000€. Pour des AOC de niche, comme Coteaux du Vendômois dans le Loir-et-Cher, comptez 6.000€ l’hectare, soit presque trois fois moins cher que la même surface de vignes en AOC Languedoc. Ces prix constituent un véritable terreau fertile pour les jeunes exploitants en quête de surfaces classées à moindre coût.

En parallèle, le vignoble ligérien fait figure de bon élève du BIO avec 13% de sa surface labellisé (10% de moyenne nationale), un score honorable au regard de sa situation septentrionale. Si le réchauffement climatique laisse planer le doute sur le maintien d’une culture de la vigne dans le sud de la France à moyen terme, il permet dans la Loire d’atteindre des maturités et des concentrations jusqu’alors inespérées tout en limitant l’usage de produits de synthèse pour l’entretien et la lutte contre les maladies de la vigne.

En résumé, la Loire se découvre des airs languedociens : une région en transition, des exploitants vieillissant qui appellent à la relève, beaucoup de terrains peu chers et disponibles, une multitude de climats, de sols, de styles, de cépages et d’appellations, une menace très relative du changement climatique, une marque collective dynamique… Alors la Loire, le nouveau Languedoc ?

article rédigé par Guillaume FALAIX

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